QUE VOULONS-NOUS REELEMENT?
22 août 2014Il nous souvient encore tous que depuis très longtemps les opposants au pouvoir de Lomé 2 ont toujours décrié et ce, à juste titre, les faveurs, les dérives sans sanction aucune et le zèle dont faisaient preuve certains citoyens qui se prévalaient d'être proches du pouvoir en place.
De l'armée aux plus basses couches de la société, tout le monde se prévalait d'un quelconque rapprochement avec le Président ou l'un de ses proches ou même d'un poste aussi vulgaire soit-il au sein de l'appareil d'Etat. Malgré les actions menées par l'actuel Chef de l'Etat et ses collaborateurs en vue de créer un climat de confiance entre les populations et les agents publics, certains citoyens dans leur logique de dilatoire, ont trouvé mieux de s'attaquer encore à ces actions en trouvant des arguments à dormir debout pour justifier le mauvais aspect de tel ou tel acte.
Hier, l'Assemblée nationale était qualifiée d'"assemblée-mouton", d'assemblée qui ne se rangeait que sur la position du gouvernement pour qui elle serait une marionnette. Raison pour laquelle lorsqu'en début d'année, le Chef de l'Etat répondant au Président National de l'Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition), préférait l'ouverture des débats au Parlement pour aboutir aux réformes, tous les observateurs se basant sur le passé ont estimé que cela serait un échec dans la mesure les élus sous les couleurs du parti Union pour la République (UNIR, parti au pouvoir), seraient réticents aux réformes comme leur Président et intention était même prêtée au gouvernement de ne pas envoyer de texte favorable à ces réformes. Curieusement le 30 Juin 2014, le vote à l'Assemblée sera défavorable au projet de loi relatif aux réformes. 63 contre, 27 pour et 01 abstention.
Il est important pour nous de rappeler également la configuration actuelle de l'hémicycle: 62 députés UNIR, 19 députés ANC-ADDI, 6 députés Arc-en-ciel, 2 députés UFC, 1 FPD, 1 Sursaut-Togo.
Pour les uns, c'était un désaveu de la politique gouvernementale et donc le Premier Ministre devrait démissionner avec son gouvernement ou la dissolution du Parlement devrait être prononcée par le Président de la République, double aberration. (nous reviendrons sur ces aspects dans un autre article). Pour les autres, c'était plutôt une démonstration de l'avancée démocratique de notre pays et nous estimons que ce sont les tenants de cette thèse qui ont raison pour deux raisons: la première est que l'Assemblée nationale a voté par scrutin secret et non à main levée (ce qui contraignait le vote de certains élus selon les tenants de l'autre thèse), donc tout le monde était libre dans son choix; la deuxième raison est que ceux qui se réclament démocrates, veulent une application immédiate de la loi si elle était adoptée, encore une aberration puisque la non-rétroactivité de la loi est un principe fondamental du droit.
Hier, quand on avait des ennuis avec un collaborateur ou quelqu'un qui a des relations dans les rouages du régime, ce n'était pas une bonne idée que de faire recours à la justice parce que le système judiciaire n'inspirait confiance à personne et n'était qu'une justice pour les forts.
Heureusement aujourd'hui, des milliards de nos francs ont été injectés dans la machine judiciaire avec le soutien de nos partenaires afin de la moderniser et offrir une justice plus équitable à tous les citoyens et nous pouvons même voir des anciens trop proches collaborateurs du Président avoir des ennuis judiciaires sans que celui-ci ne s'en mêle pour ordonner quoi que ce soit.
Malgré tout ce tableau, on trouve encore que c'est pour des règlements de compte politique que ces actions d'assainissement du secteur public sont menées.
Messieurs les leaders d'opinions, veuillez avoir l'amabilité de féliciter et applaudir ce qui le mérite autant que vous dénoncez ce qui ne va pas et d'en sensibiliser vos militants parce que ce sont les mêmes personnes que vous aurez à diriger lorsque vos viendrez aux affaires et vous récolterez ce que vous aurez semé. Vos militants réagiront à vos actions en fonction de l'éducation civique que vous leur inculquez aujourd'hui et ne soyez pas étonnés s'ils vous réservent le même sort et se montrent réticents à vos actions aussi intéressantes soient-elles.
Monsieur le Président de la République, veuillez recevoir ici les félicitations d'un citoyen qui est pour les actions que vous menez en faveur de l'épanouissement de vos concitoyens. Toutefois, vous êtes tenu de bien vouloir continuer votre politique d'assainissement en poursuivant non seulement les petits poissons comme on en a l'impression mais aussi les gros morceaux qui sont les plus grands bénéficiaires des actes malsains que dénoncent vos détracteurs.
Que chacun joue sa partition afin que la mélodie du développement que chante notre pays depuis un moment puisse résonner de façon harmonieuse aux oreilles de tout le monde.
A bon entendeur, ...............................................................................................