Des élèves dans les rues de Lomé (images news.alome.com, archives)

Des élèves dans les rues de Lomé (images news.alome.com, archives)

C'est la dernière semaine de la première partie de l'année scolaire 2016-2017. Je parle de première partie parce que je ne suis pas sûr que cela fasse vraiment un trimestre. Une rentrée reportée pour cause de sommet sur la sécurité maritime. Un sommet dont les populations continuent par chercher les répercussions jusqu'à ce jour. Au lieu de chercher à régler les problèmes des enseignants qui menaçaient, on a préféré jouer à la diversion en mobilisant dans un sommet des ressources qui n'y étaient que de trop. Que faisait le ministère des Enseignements primaire, secondaire et de la formation professionnelle dans un sommet sur la sécurité et la sûreté maritimes alors que les enseignants faisaient des réclamations? Toujours l'amateurisme et l'indifférence dont les autorités nous ont toujours habitué depuis des lustres.

Des milliards de nos francs pour une organisation qui n'a fait que ruiner une bonne partie des Togolais, (ah que dis-je?). Excusez-moi, mesdames les travailleuses de sexe, il paraît que vous en aviez tiré un maximum de profit et avez même demandé au Président de la République de multiplier les sommets. Rassurez-vous, republicoftogo.com a bien relayé votre information.

Bon, je reviens à ce qui me démange depuis quelques jours maintenant. On en était là à prier pour un retour des enseignants à de meilleurs sentiments quand patatras!!! Le tout puissant ministre de la Fonction publique et de (je ne sais plus trop) avec son nouvel élève, son collègue en charge des Enseignements primaire et secondaire, ... ont décidé de mettre les pieds dans les plats pour ne laisser que la salive dans nos bouches comme le chien de Pavlov quand il entendait sonner la cloche. Sur les antennes de la chaîne nationale, Gilbert Badjilembayéna Bawara et Komi Palakmwé Tchakpélé se sont jetés sur les grévistes comme les loups-géants qui s'attaquaient à quiconque s'en prenait à l'un des fils Stark dans la série "Game of Thrones". Menaces, agressions verbales, manque de sens de responsabilité dans les propos de nos ministres. A croire qu'ils ont été autodidactes comme tous leurs amis du régime et qu'ils ne sont jamais passés par les mains de ces enseignants.

De l'autre côté, je pense que nos enseignants aussi exagèrent un peu. Ce sont eux qui nous ont appris à lire, à écrire et à réfléchir. Par leurs soins, les juristes ont pu accorder à tout employé le droit de grève mais aussi le droit à l'employeur de soustraire de la paye les jours de grève. Pourtant, nos enseignants semblent avoir oublié cette partie de la loi et versent dans le chantage à chaque grève. Il suffit que les jours de grève soient comptabilisés qu'on dit que les cours de ces jours de grève sont considérés comme faits. Soyons sérieux, messieurs les formateurs. Vous avez un programme pour l'année et vous le gérez comme vous voulez. Après vos jours de grève, je pense qu'il serait judicieux de continuer les cours où vous vous étiez arrêtés. Vous auriez raison si vos payes étaient amputées et que les autorités vous demandaient de rembourser, malgré tout, les jours de grève. A ce que je sache, ce n'est pas encore le cas et je pense que vous pourriez faire économie de ce que vous nous servez. Ne pensez-vous pas les autorités aient raison en disant que c'est vous qui manipulez les élèves en les poussant dans la rue? Moi, oui. Vos propos sont de nature à les exciter. De grâce, revoyez vos stratégies de lutte.

Regardez tous ces élèves qui descendent dans les rues parce que vous dites considérer les cours comme faits. Rappelez-vous que c'est dans un mouvement de ce genre que Douti Sinanlegue et Anselme Sinandaré ont vu leurs séjours sur terre prendre fin. Grève oui mais une bonne gestion de l'après-grève, c'est encore mieux.

Quant à vous, messieurs les ministres, sachez que vous êtes aussi des fonctionnaires, et que les réclamations de vos collègues vous profitent aussi. Cherchez plutôt à guérir la fièvre que de casser le thermomètre qui vous indique que vous avez la fièvre.

Monsieur le président de la République, vous nous avez promis les assises générales de l'éducation ainsi que celles de la santé. Nous attendons, nous avons eu des fourmis dans les pieds à force de nous tenir debout; aujourd'hui, les termites ont rongé les chaises sur lesquelles nous avons pu poser nos fesses et nous nous demandons si nos la Terre n'ouvrira pas sa bouche pour nous engloutir pendant que nous attendons encore. J'ose croire que vous avez de l'estime pour votre titre, votre personne, votre peuple, votre électorat. Parlant d'électorat, vous avez été élu à la dernière élection avec une majorité absolue ainsi que vos amis députés. Ce qui veut dire que ces enseignants pourraient faire partie de cet électorat.

Si vous voulez que les Togolais se rappellent de vous beaucoup plus tard, alors, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Nous voulons croire que notre président a une parole et nous continuons d'espérer qu'il la respectera.

A bon entendeur, ...........................................................................................

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