EVANGILE SELON LE CHAPITRE 74 VERSET 2 DE LA BIBLE TOGOLAISE
26 déc. 2016Monsieur le Président,
Bonjour ou bonsoir ; je ne sais pas trop quoi choisir puisque je n’ai aucune idée de votre position sur le globe en ce moment. J’aurais dû vous écrire hier mais la connexion internet dont nous disposons est de très haut débit que mon ordinateur a du mal à s’y adapter. Excusez-moi donc pour le retard.
Permettez-moi de vous souhaiter une bonne fête de la nativité, même si je suis en retard. Hier, c'était l'anniversaire du Christ, le sauveur de l'humanité. Bon, c'est ce qu'on nous dit depuis longtemps. Et je sais que vous le savez aussi. Le Christ, c'est ce jeune de 33 ans que les païens auraient crucifié à Golgotha parce qu'il a apporté la parole de Dieu. Heureusement qu'après sa mort, certains ont eu l'amabilité de nous réunir ses enseignements dans un livre, la Bible. Le premier livre imprimé selon l'histoire. C'est dans la Bible que les chrétiens trouvent tout ce qui est interdit et autorisé, ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas. Violer un commandement de ce livre saint et on s'attend au châtiment du Créateur.
L'homme est créé à l'image de Dieu, nous enseigne toujours la Bible. Voilà pourquoi comme Dieu, les hommes ont aussi leur "Bible" qui régit leur vie en communauté, les interdits, les tabous, les permis de la société. Et, pour ne pas les confondre, nous avons baptisé notre Bible, la Constitution. OUI, la Constitution.
Monsieur le président, si l'homme est créé à l'image de Dieu et que nous sommes tenus de respecter Ses injonctions, je me demande pourquoi nous ne le ferions pas avec nos propres règles dont nous nous sommes librement doté. Vous vous demandez toujours où je veux en venir? M'y voilà.
Le chapitre 74 de notre Bible en son verset 2. Il vous demande de vous "adresser une fois par an au Parlement sur l'état de la Nation". Et pourtant, cela fait onze ans que vous violez ce verset devant l'impuissance du "dieu national", le peuple. En mai 2015, vous juriez, pour la troisième fois, devant le peuple togolais, de respecter la Constitution. Quelle Constitution promettiez-vous de respecter, de défendre, etc.? Ou l'article 74 n'y était pas quand vous prêtiez serment? Sûrement pas. Pourtant, à côté, seulement huit mois après son investiture, votre jeune frère au poste vous brûle la politesse. OUI. Au cas où vous ne le sauriez pas encore, permettez-moi de vous informer que Patrice Talon était devant l’hémicycle béninois pour dresser l’état de la Nation à quelques jours de la fin de l’année. Onze ans que vous êtes là mais, les Togolais rêvent toujours de ce moment comme nos ancêtres avaient rêvé d’Ablodé.
Je ne viendrai pas abuser de votre temps en ce jour de fête avec mes cris de détresse. Je vous réitère une fois de plus mon vœu de joyeux Noël. Cependant, je n'ai pas oublié la promesse que je vous ai faite hier. Je reviendrai de temps en temps vous rappeler certaines actions qu'a accomplies votre collègue de l'Est qui ne vient de boucler que huit mois à la tête du Bénin.
Très cordialement.
